Gagner les coeurs et les esprits dans les espaces non-gouvernés

02 nov. 2017 par Fauziya Abdi Ali, spécialiste de programme au Centre de services régional du PNUD pour l’Afrique à Addis-Abeba, en Éthiopie

Traiter les griefs et les frustrations devient un point d'entrée pour gagner les cœurs et les esprits et peut s'avérer un atout puissant dans la lutte contre l'extrémisme violent. Photo: PNUD
La série noire des attentats terroristes commis en Europe de l’Ouest, au Sahel et, plus récemment, à Mogadiscio, en Somalie, a frappé au cœur même de capitales et de centres urbains densément peuplés. … Voir

Promesse ou péril ? D’ici 2050, l’Afrique comptera 830 millions de jeunes

12 août 2017 par Siddharth Chatterjee, coordonnateur résident des Nations Unies au Kenya et S.E. M. John Dramani Mahama, ancien président de la République du Ghana

De nombreux migrants empruntent le dangereux itinéraire maritime qui mène de l’Afrique du Nord à l’Italie, en quête d’une vie meilleure. Photo: ONU
Le mois dernier, des travailleurs d’organisations caritatives espagnoles ont secouru 167 migrants partis d’Afrique à bord d’une petite embarcation. En 2016, environ 3 800 migrants ont perdu la vie, ce qui en fait l’année la plus meurtrière pour ceux qui se hasardent à traverser la Méditerranée. La plupart savent à quels dangers ils s’exposent, mais cela ne les empêche pas de choisir le risque plutôt que de se résigner à une existence sans espoir dans leur pays. Toutes les 24 heures, sur le continent africain, près de 33.000 jeunes rejoignent les rangs des demandeurs d’emploi et près de 60 % d’entre eux viendront grossir la horde des chômeurs. Selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 70 % des personnes qui quittent leur pays à destination de l’Europe ne sont pas des réfugiés qui fuient la guerre ou les persécutions, mais des migrants économiques en quête d’une vie meilleure. Ce 12 août 2017, nous célébrons comme chaque année la Journée internationale de la jeunesse. La population jeune de l’Afrique croît rapidement et devrait dépasser les 830 millions d’ici 2050. Qu’il y ait là une promesse ou un péril dépend de l’efficacité avec laquelle le continent saura gérer cette explosion démographique. … Voir

Rendre compte des progrès vers l’Agenda 2030 : comment jongler entre les 17 ODD

19 juil. 2017 par Eunice Kamwendo, Conseillère stratégique du Bureau régional pour l'Afrique

Il s'agit de mettre en place des mesures intégrées et interdépendantes lors de chaque cycle de planification, afin d’avancer dans la réalisation d’un ensemble d’objectifs et de cibles à court, moyen et long terme. Photo: James Neuhaus/PNUD
  Dans le cadre de la mise en œuvre de Programme de développement durable à l’horizon 2030, les pays sont confrontés à des exigences concurrentes. À la volonté d’appréhender le Programme dans sa globalité s’ajoute la nécessité d’adopter une approche pratique et spécifiquement tournée vers la réalisation de chaque objectif. Le PNUD, qui fournit un appui pour l’établissement de rapports sur les Objectifs de développement durable (ODD) aussi bien au niveau national qu’à l’échelle internationale, a notamment vocation à aider les pays à satisfaire ces exigences et à surmonter les différents défis rencontrés en cours de route. Pour les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), des rapports nationaux, régionaux et mondiaux étaient établis individuellement pour chaque OMD. Si ce système aurait pu bien fonctionner avec un nombre plus restreint d’objectifs, il n’en a pas moins contribué à renforcer l’approche sectorielle du développement. Il faut donc réfléchir à des modalités d’établissement des rapports sur les ODD susceptibles de favoriser l’intégration et les synergies, tout en réduisant la charge de travail pour l’ensemble des ODD sans perdre de vue les objectifs du Programme 2030 dans son ensemble. Le Forum politique de haut niveau organisé annuellement, offre un modèle potentiellement éclairant. L’édition 2017, qui avait pour … Voir

Saint-Louis du Sénégal ou le pari de la durabilité

08 juin 2017 par Abdoulaye Mar Dieye

Saint-Louis fait face à de nombreux défis, dont le plus préoccupant est la double menace posée par la montée des eaux et la surpêche. Photo: Eddy Graëff / www.saintlouisdusenegal.com
Alors que la Conférence mondiale sur les océans bat son plein à New York, nous célébrons en ce jour la Journée mondiale de l’océan. Les travaux de la Conférence qui se sont déroulés tout au long de la semaine nous ont rappelé deux vérités fondamentales : la vie sous l’eau, caractérisée par une faune et une flore d’une grande richesse, est extrêmement précieuse mais les moyens de subsistance qui en dépendent sont menacés. Cela est particulièrement vrai le long de la côte ouest de l’Afrique et notamment au Sénégal, un pays où les deux tiers au moins de la population vivent à proximité des zones côtières qui reculent à un rythme alarmant (en moyenne de 1 à 2 mètres par an) en raison de la hausse du niveau de la mer et de l’urbanisation galopante. Peu d’endroits illustrent de manière aussi percutante l’effet combiné de ces difficultés. C’est pourtant le cas de Saint-Louis du Sénégal (ou Ndar en wolof), l’île dont je suis fier de dire qu’elle est ma ville natale. Saint-Louis est un lieu unique, qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du Sénégal et de toute la région. Capitale de l’Afrique-Occidentale française de 1895 à 1902 puis capitale du Sénégal, la … Voir

Nigéria : stabiliser les communautés vulnérables, une condition essentielle pour réduire la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire

05 mai 2017 par Edward Kallon, Coordinateur résident et humanitaire des Nations Unies et le Représentant résident du PNUD au Nigéria

La région du bassin du lac Tchad au Nigéria est au bord de la famine. Depuis sept ans, les insurgés de Boko Haram sèment le chaos au sein des communautés locales, provoquant le déplacement des habitants ainsi que des milliers de morts. Si l’étendue des dégâts est effarante, la situation de vulnérabilité des rescapés est encore plus alarmante. Dans le nord-est du pays, 5,7 millions de personnes, principalement des enfants, ont un besoin urgent de nourriture. Ce nombre va continuer à croître si nous n’agissons pas. À cause du déficit actuel de financement, l’aide humanitaire dont bénéficient aujourd’hui les victimes va bientôt se tarir, mettant en danger la vie de millions de personnes. Nous devons leur venir en aide immédiatement. Cette crise met au jour des vulnérabilités anciennes : la pauvreté et l’exclusion, qui ont un effet aggravant. Avant même qu’elle n’éclate, sept personnes sur 10 étaient déjà en situation d’extrême pauvreté. Comme la majorité des deux millions de personnes déplacées a trouvé refuge dans des communautés d’accueil plutôt que des camps prévus à cet effet, le système existant, déjà fragile, est mis à très rude épreuve. La situation en matière de sécurité ne permet cependant pas à ces personnes de rentrer chez … Voir